Hier, l'édifice construit par Jacques-Germain Soufflot sous le règne de Louis XV était à l'honneur, Marie Curie et Sophie Berthelot, les deux femmes qui y reposaient s'ennuyaient dans ce lieu dédié aux hommes, deux femmes les ont rejoint.
Au to tal il y a 300 places, aujourd'hui 75 sont occupées, vous avez encore le droit d'espérer.
Avec sept entrées à son actif, François Mitterrand est le plus grand panthéonisateur de la Ve République... certes loin derrière les 43 de Napoléon, Monnet, l’Abbé Grégoire, Monge, Condorcet, les Curie...
Hollande a dû s'en inspirer pour ajouter une ligne à son CV hélas bien plat après 35 ans de vie politique.
"On s’apprête à vivre un moment d'histoire." matraquaient les conseillers de l'Elysée, message repris par les médias dociles.
Ceux qui ont assisté à la diffusion de l'événement ont ressenti un journalisme télé d'un autre âge, une heure dédiée à la grand-messe, une télé entièrement plié aux codes présidentiels comme elle le fait le 14 juillet.
Ce ne devait pas seulement être un «discours historique», ce devait être «le discours fondateur du quinquennat», nous disait les fameux «proches conseillers» du chef de l'Etat qui n’ont jamais peur de faire dans l'emphase.
Un moment d'histoire certainement en pensant aux 4 personnes honorées par la nation, un moment historique certainement pas quand Hollande n'a pu s'empêcher de mêler l'histoire passé à la situation à laquelle il est confronté, il a été incapable d'élever le débat.
Tout le monde n'est pas André Malraux.
rien à voir avec les instants d'anthologie, haletants et syncopés, du monologue d’André Malraux en 1960 "Entre ici Jean Moulin et ton cortège de....", ou l'arrivée nocturne des restes du même Malraux dans une rue Soufflot, un souvenir visuel poignant plus fort que les images soignées mais banales de mercredi après-midi.
Il a évoqué le passé de résistante de Germaine Tillion qui ne fut pas que résistante... Il a omis de signaler que cette éthnologue avait fait campagne contre la guerre d'Algérie, en en dénonçant l'usage de la torture et des exécutions sommaires perpétrés par l'armée Française.
En évoquant la mémoire de Jean Zay, ministre de l'Instruction Publique du Front Populaire, Le "petit président" a choisi de nous vendre, une énième fois, la réforme du collège de Najat Vallaud-Belkacem, le paralèlle entre le ministre de Léon Blum et sa ministre est stupéfiant. Quand le premier travaillait pour l'excellence, la possibilité aux enfants d'origine modeste de rejoindre le lycée alors fréquenté par les enfants de la bourgeoisie, la seconde supprime l'excellence au profit d'un nivellement par le bas.
Tout le monde n'est pas Malraux !
Dans Le Monde, Rexamen, Ministre du chômade, a écrit : «Il reste encore deux ans pour que les Français prennent conscience que François Hollande est un grand président».
Le ridicule ne tue plus, heureusement pour les socialistes au pouvoir !
Ce soir, l'élection de Cambadélis 1er secrétaire du PS en est une autre preuve !
On voit mal comment les adhérents du PS pourraient mobiliser les populations en soutenant une politique gouvernementale qui, aux dernières nouvelles, entend réduire les protections du droit du travail ou encore les compensations dues au titre de la «pénibilité».
En France, il faudrait que le peuple cesse de se résigner et donne naissance à un mouvement comme Podemos ou Syriza.
