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4 juin 2014 3 04 /06 /juin /2014 10:12

Le PS et l’UMP veulent détruire le principe de précaution Auréolés par leurs brillants succès électoraux, le PS et l’UMP continuent à faire la politique du Medef : ils s’attaquent au principe de précaution. Une proposition de loi en ce sens a été adoptée au Sénat, avec l’accord du gouvernement. OGM, pesticides, gaz de schiste devraient, selon les «chiens de garde du productivisme», être jugés d’après le «principe d’innovation». Le principe de précaution, pourtant constitutionnalisé sous Jacques Chirac, a été encore une fois l’objet d’un bras de fer permanent entre écologistes et tenants du productivisme. Mardi dernier au Sénat, en catimini, à la veille de l’ascension, ces derniers ont mené contre ce principe une offensive en règle, passée inaperçue après le tsunami Le Pen. Contre les groupes écologistes et communistes, l’UMP et le PS, main dans la main, ont donc voté des amendements tendant à dénaturer le texte de la Charte de l’environnement, adoptée en 2004 et inscrite dans la Constitution. Elle stipule dans son article 5 : "Lorsque la réalisation d’un dommage, bien qu’incertaine en l’état des connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et irréversible l’environnement, les autorités publiques veillent, par application du principe de précaution et dans leurs domaines d’attribution, à la mise en oeuvre des procédures d’évaluation des risques et à l’adoption de mesures provisoires et proportionnées afin de parer à la réalisation du dommage." Plusieurs notions sont ici essentielles : le caractère "incertain" du dommage, son impact "irréversible", la nécessaire "évaluation" des risques, enfin, la dimension "proportionnée" de la réponse. C’est à ces notions que se sont attaqués les sénateurs de cette coalition contre nature, conduite par Jean Bizet, bien connu pour son indéfectible soutien aux OGM. Pour ces chiens de garde du productivisme, il ne s’agit pas de supprimer la Charte, mais de la dévitaliser, de neutraliser son impact devant les tribunaux. Jean Bizet a d’ailleurs présenté sa proposition de loi après la relaxe de 54 militants anti-OGM, le 14 mai dernier, par le tribunal de Colmar. Ils étaient accusés d’avoir arraché des plants d’une parcelle étudiée par l’INRA. L’objet de cette proposition de loi est donc d’ouvrir une brèche dans l’application du principe de précaution pour permettre à «l’expertise scientifique» de faire son travail. En réalité, il s’agit de créer les conditions pour rouvrir le débat sur les OGM et les gaz de schiste, et de soutenir aveuglément des innovations technologiques sans se poser la question de leur impact sur l’environnement et la santé. En quelque sorte, le retour à l’époque des «experts» qui cautionnaient l’amiante! Dans ces amendements apparemment anodins, il s’agit de prendre en compte «les mesures provisoires, à un coût économiquement acceptable … le développement des connaissances scientifiques, la promotion de l’innovation, le progrès technique pour une meilleure évaluation des risques et une application adaptée du principe de précaution». La ministre de la Recherche, Geneviève Fioraso, n’a pas désapprouvé ces modifications qui pourraient conduire à des jurisprudences remettant en cause les avancées obtenues dans les procès depuis 2004. La logique des auteurs de ces amendements est imparable : Si le Code du travail doit être mis à bas pour imposer la politique de compétitivité, alors il faut aussi faire sauter le principe de précaution pour assurer le développement productif dans l’agriculture et l’industrie. Le gaz de schiste, les OGM, l’élevage intensif, les produits chimiques ou les ondes magnétiques tout doit être soumis au seul impératif du redressement de la marge des entreprises. Il faut que les écologistes réfléchissent sur cette alliance entre le Medef et une partie des scientifiques. L’Etat n’a plus les moyens de soutenir la recherche fondamentale. Nombre de chercheurs croient trouver leur planche de salut du côté de la finance et de l’industrie. Inconsciemment ils reprennent le discours de la compétitivité à leur compte. De son côté, le gouvernement tient un double langage : D’une part, il n’a à la bouche que les mots agro-écologie et transition énergétique, économie verte et développement durable, de l’autre, en jouant la fausse neutralité, il laisse entendre que le principe de précaution peut être une entrave au redressement productif de la France. Même si ce texte - qui nécessiterait une révision constitutionnelle de plusieurs articles de la Charte - ne franchira pas les portes de la Haute- Assemblée, la remise en cause d’un principe essentiel a bien eu lieu. Nul doute qu’Arnaud Montebourg, Bernard Cazeneuve, Laurent Fabius et bien d’autres membres du lobby productiviste s’engouffrent dans cette brèche. Le gouvernement joue avec le feu. Le principe de précaution n’est pas un gadget que l’on sort pour calmer les écolos, mais un principe qui consiste à éviter que les sociétés se laissent imposer la marchandisation du monde au nom du progrès, de la science et du profit. Une raison de plus pour accélérer le regroupement des partisans d’une écologie de rupture. Source : Noël Mamère

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3 juin 2014 2 03 /06 /juin /2014 17:30

«Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir» [Jean de La Fontaine] Jamais ces quelques vers de Jean de LaFontaine n'ont pris autant de sens que dans notre démocratie dite éclairée. Le combat contre la ferme dite des "mille vaches", menée par les riverains, les écologistes et la Confédération Paysane contre un lobby puissant, est pour la Picardie l'équivalent de celui mené contre l'aéroport de Nantes en Loire-Atlantique, un combat contre le productivisme agricole et la finance d'un côté, un combat contre la destruction de milieux naturels, le bétonnage de zones humides, sans oublier la finance omniprésente de l'autre côté. Et dans tous les combats on trouve la Confédération Paysanne, un syndicat agricole, défenseur de l'agriculture à taille humaine, opposé à la culture "expérimentale" en plein-champ d plantes OGM, à l'usage intensif des pesticides. Jeudi 29 mai, après avoir démonté certaines pièces de la salle de traite de la "ferme des 1000 vaches ", une ferme usine, et non dégradé comme l'ont écrit certains journalistes asservis, le leader du deuxième syndicat agricole français a été plaqué au sol puis, quelques heures plus tard, arrêté violemment au moment où il montait en train avant d'être emmené, menotté et contusionné, pour une garde à vue de deux jours. Une justice à 2 vitesses. en février 1994, lors d'une manifestation de marins-pêcheurs, à Renne, le parlement de Bretagne a entièrement brulé, la justice a-t-elle puni les coupables ? En février 1999, des militants de la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles), classée à droite, envahissent le ministère de l'Aménagement du territoire et de l'Environnement et dévastent le bureau de la ministre de l'époque, Dominique Voynet, emportant de nombreux documents. http://www.ina.fr/video/CAB99006575 Dégradations de matériel public, violences physiques : la justice se montre clémente prononçant des peines symboliques y compris une relaxe. En 2004, c'est l'hôtel des impôts de la ville de Morlaix qui subit le courroux des producteurs de légume de la FNSEA. Après avoir forcé l'entrée du bâtiment, ils détruisent mobilier et ordinateurs, causant plus de 60 000 euros de dégâts, un policier est grièvement blessé à la tête par un jet de pavé. Or, comme l'explique Libération, ces faits resteront impunis http://www.liberation.fr/economie/2007/01/23/a-morlaix-les-paysans-cultivent-l-omerta_82709 En novembre dernier, la FNSEA a procédé au blocage des axes routiers autour de Paris, il a été marqué par deux accidents de la route, dont un mortel. Si une enquête a été ouverte, aucune poursuite n'est aujourd’hui connue contre la FDSEA Ile-de-France, branche départementale de la FNSEA, qui organisait la manifestation. Difficile de ne pas voir un traitement à deux vitesses selon les syndicats concernés. «On constate que les poursuites ne sont pas les mêmes. D'un côté, on a des peines ridicules pour des actions violentes, de l'autre, on frappe fort, tout de suite»,c'est l'analyse exprimée par Me Djamilah Berriah, l'avocate de Laurent Pinatel, leader de la confédération Paysanne, qui parle d'un régime de «deux poids, deux mesures». Que la droite soit au pouvoir, ou que ce soit Hollande, le choix politique est le même, en phase avec les orientations définies par la FNSEA : criminalisation par l'Etat des mouvements écologistes, soutien à l'agriculture industrielle et à son lobby qu'est la FNSEA. D'où mon interrogation sur une justice de classe favorable aux lobbies. PS : la justice sait parfois être intelligente. La semaine dernière, Une jeune artiste luxembourgeoise a en effet effectué une "performance". Deborah de Robertis s'est mise assise sous la toile "origine du monde" de Gustave Courbet et a enssuite entièrement montré son sexe sous les applaudissements d'une partie du public. Le Musée d'Orsay a porté plainte pour exhibition sexuelle mais le procureur de la République a classé l'affaire sans suite ordonnant un simple rappel à la loi. Ne cherchez pas, YouTube a supprimé la vidéo.

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1 juin 2014 7 01 /06 /juin /2014 21:38
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30 mai 2014 5 30 /05 /mai /2014 16:18

Lorsque j'ai déclaré mes impôts pour les revenus 2013, j'ai eu la désagréable surprise de constater que leur montant avait augmenté de 855 euros ! Retraité, ma pension n'a augmenté que de 1% en avril 2013 (soit pour 9 mois), le salaire de mon épouse, fonctionnaire, est "gelé" (gel du point d'indice), autrement dit les revenus de mon ménage n'ont guère progressé. Cette augmentation de l'I.R. s'ajoute à celle observée pour la déclaration de l'an dernier. Les hausses d'impôts décidées en 2012 ont touché surtout les classes moyennes. Et pour quels résultats ? 1/ Le déficit budgétaire n'a pas été réduit comme prévu l'an dernier : imposés par Hollande, nos sacrifices financiers ont rejoint un tonneau sans fond (le tonneau des Danaïdes). C'est le constat de la Cour des comptes (rapport sur le budget 2013) http://www.ccomptes.fr/Actualites/A-la-une/Le-budget-de-l-Etat-en-2013-resultats-et-gestion et du Haut conseil des finances publiques http://www.hcfp.fr/Avis-et-publication/Actualites/Avis-du-Haut-Conseil-relatif-au-solde-structurel-des-administrations-publiques-presente-dans-le-projet-de-loi-de-reglement- de-2013 Trop d'impôt tue l'impôt. l'impôt sur le revenu, celui sur les sociétés et la TVA se sont révélés moins productives que l'avait prévu Bercy dans le budget. A quoi servent nos sacrifices ? Faut-il être docteur en économie pour comprendre que la baisse des revenus des ménages génère celle des bénéfices des entreprises, pénalisant la croissance, entraînant une baisse des rentrées fiscales attendues. 2/ L'inversion «vers le haut» de la courbe du chômage. Si mars était plutôt prometteur, avril renoue avec l'inexorable montée du nombre des sans-emplois. D'après l'Unedic, la France connaîtra 100 000 nouveaux chômeurs cette année et encore 60 000 l'an prochain. Depuis 2 ans, la France vit un cauchemard ! Dans la fonction publique, toute personne est embauchée avec un statut de stagiaire pendand un an, si elle remplit ses obligations de service, elle devient titulaire. Aux Etats-Unis, deux ans après l'élection du président, se déroulent des élections de mi-mandat aux cours desquelles la majorité parlementaire peut changer de couleur. En France, la Constitution de la Ve République est bonne fille. Elle protège le Président. Hormis un coup d’Etat, qu'on se refuse à imaginer, voire un «mai 68 à l'envers», François Hollande terminera son quinquennat quelque soit son incompétence. Alors pourquoi pas une période probatoire d'un an ? Un président qui doit faire ses preuves ?

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29 mai 2014 4 29 /05 /mai /2014 16:32

J'ai lu ici et là chez certains obscurs et ignorants socialistes que le traité transatlantique était un épouvantail créé par les eurosceptiques, analogue à celui du plombier polonais de 2005. Pour ces ignorants, voici 2 articles publiés sur le site Terra eco, le premier sur les conséquences d'un tel engagement, le second sur la possibilité de donner votre avis à Bruxelles. 1- Le Traité transatlantique, la nouvelle arme des vendeurs de pesticides ? L'industrie des pesticides, qui combat un règlement européen lui étant défavorable, fait comprendre à la Commission européenne que le partenariat transatlantique pourrait lui coûter très cher. Le cinquième round vient de s’achever et personne n’est encore KO. Pourtant, les coups pleuvent dans les négociations sur le Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (appelé TTIP selon son acronyme anglais ou Tafta, pour Transatlantic freetrade agreement). Si ce partenariat est signé – ce qui pourrait advenir à la fin de l’année prochaine –, les entreprises américaines pourraient, au nom d’un « traitement juste et équitable », s’opposer aux Etats de l’Union européenne (UE) dont certaines réglementations – notamment environnementales et sociales – lèseraient leurs intérêts. Le litige serait alors tranché par des tribunaux internationaux et privés. .... L'article complet ici http://www.terraeco.net/Le-Traite-transatlantique-la,55242.html 2- Traité transatlantique : les Européens appelés à s’exprimer Les Etats-Unis et l’Union européenne ont entamé des discussions sur un nouvel accord de libre-échange (le Tafta) voilà un an. Il prévoit notamment la création d’une instance d’arbitrage privée devant laquelle les entreprises américaines pourraient contester les mesures législatives ou réglementaires contraires à leurs intérêts prises par les Etats européens, au nom de la protection des investissements (idem pour les entreprises européennes s’estimant lésées aux Etats-Unis). Cette mesure suscite une forte opposition : de ce côté-ci de l’océan, on craint notamment l’arrivée dans nos assiettes de bœuf aux hormones ou de poulet au chlore, au nom de la libre concurrence. La méfiance dans l’opinion est telle que, dans le cadre des discussions sur ce Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement, les négociations sur ce sujet sont suspendues depuis mars. La Commission européenne, qui a ouvert une page dédiée au partenariat transatlantique sur son site, a lancé en mars une consultation publique permettant aux citoyens européens de s’exprimer sur cette mesure. Elle prend fin le 6 juillet prochain. Source : http://www.terraeco.net/Traite-transatlantique-les,55244.html Donnez votre avis : http://ec.europa.eu/yourvoice/ipm/forms/dispatch

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29 mai 2014 4 29 /05 /mai /2014 16:15

1- Monsieur Hollande, ça suffit, maintenant. Il faut arrêter la ferme-usine des Mille vaches La Ferme des 1000 vaches, dans la Somme, marque un tournant. Elle est le symbole d’une industrialisation imposée de l’agriculture qui annonce la fin de l’agriculture paysanne de qualité et de proximité. Le Président de la République doit prendre ses responsabilités et arrêter ce désastre annoncé. Monsieur le Président de la République, Nous sommes à un tournant. L’industrialisation de l’agriculture se fait de plus en plus pressante, et chaque année, sous couvert de modernisation, le nombre de paysans diminue. Désormais, nous n’avons plus le choix : soit nous laissons faire, actant de ce fait la disparition des paysans, soit nous controns ce mouvement pour faire vivre une agriculture créatrice d’emploi, de dynamique des territoires, respectueuse de son environnement et de la souveraineté alimentaire, l’agriculture paysanne pour laquelle nous nous battons. ...... La suite ici http://www.reporterre.net/spip.php?article5929 2- Mille Vaches : Laurent Pinatel placé en garde à vue Rebondissement dans l’action menée toute la journée par la Confédération paysanne sur la ferme-usine des Mille vaches. Le porte-parole du syndicat agricole a été interpellé par des gendarmes à Amiens et placé en garde à vue. ..... La suite ici http://www.reporterre.net/spip.php?article5935 3- [Audio] Pourquoi y a-t-il complicité entre les services de l’Etat et le promoteur dans l’affaire des Mille vaches? Question à Laurent Persis Laurent Persis est le maire de Drucat-le-Plessiel, dans la Somme. http://www.reporterre.net/IMG/mp3/parsis.mp3 4- Mille vaches : le récit de la journée «démontage» où l’affaire a basculé Hervé Kempf et Lorène Lavocat (Reporterre) Pour remettre le projecteur sur la ferme-usine des Mille Vaches qui, selon eux, signe l’arrêt de mort des petits paysans, la Confédération paysanne a mené une action de démontage. Le gouvernement a choisi la réponse répressive : le porte-parole du syndicat, Laurent Pinatel, a passé la nuit de mercredi et à jeudi incarcéré, ainsi que quatre autres paysans. http://www.reporterre.net/spip.php?article5938

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27 mai 2014 2 27 /05 /mai /2014 20:16

Dimanche, le nombre de votants a été divisé par 2 par rapport au 1er tour de la présidentielle de 2012 (18,9 millions contre 36,5 en 2012); Toujours en se référant à mai 2012, si tous les partis ont perdu des électeurs, le FN compris, c'est le PS qui est le plus touché par l'abstention de ses électeurs, de 10,2 millions de voix au premier tour des présidentielles, il n'en a engrangé que 2,6 millions de voix cette fois-ci, soit une perte de près de 8 millions de voix !! "sanction", "séisme", "choc", sont les termes retrouvés dans la presse ciblant les 14% obtenus par l'alliance PS/PRG, 14% des 43% de votants, ça ne fait pas lourd ! Ce n'est pas le remake du 21 avril 2002, mais un 21 avril puissance 10, l'assise électorale d'Hollande se réduit à un confetti, voire à son pédalo, selon votre choix. Dans cette "branlée", pour reprendre le terme de Cambadélis, il y a 2 responsables dont la conjonction porte la France à la Une des actualités européennes : - une Europe qui déçoit, - la politique menée par Hollande L'Europe, oui, mais pas celle-là. En 1957, au moment de la signature du traité de Rome créant la communauté européenne entre les 6 pays fondateurs, Pierre Mendès France, un véritable homme de gauche, avait mis en garde le gouvernement français contre le risque de voir le pouvoir des peuples confisqué par un aréopage de technocrates. Quelle prophétie ! Dans toute l'Europe un rejet des politiques actuellement menées s'est exprimé, politique incarnée par Mme Merkel, rigueur généralisée et compétition furieuse plutôt que relance économique, ce qui explique la montée des partis d'extrême droite en France, en Autriche, Pays-Bas, Hongrie, Danemark, et celle des eurosceptiques en Grande-Bretagne. Les peuples aiment l'Europe, mais pas celle-là, ils utilisent le seul pouvoir qui leur reste : le bulletin de vote. Hollande n'a rien compris. Et quelle a été la réponse d'Hollande ? Sérieusement désavoué pour la seconde fois, Hollande a affirmé que la «ligne de conduite» confiée à Manuel Valls «ne peut pas dévier en fonction des circonstances" ! Il n'a rien compris au message adressé par son peuple ! Berlemont aussi n'a rien compris à la démocratie. Hélas, Hollande n'est pas le seul à n'avoir rien compris. Hier, lors du conseil municipal, Mme Berlemont a parlé, et quand elle parle c'est pour critiquer, elle qui a été éliminé au 1er tour des cantonales de 2011, elle qui a fini 3e lors des municipales de 2014 quand Xavier Bertrand a remporté 39 bureaux sur 39, elle dont le parti fait moins de 14% aux européennes. Elle a critiqué la concertation organisée par le maire auprès des parents d'élèves au sujet de rythmes scolaires qui a recueilli 87% de non à la réforme. Le PS n'aime pas que le peuple soit interrogé ! Enseignante dans un lycée catholique, donc non concernée par le décret Peillon sur la semaine de 4,5 jours, elle a tenu un discours incohérent et approcimatif - elle évoque la loi de refondation de l'école alors que la réforme des rythmes scolaires résulte d'un décret, c'est-à-dire sans vote de la représentation parlementaire; - elle parle de la nécessité d'améliorer le niveau des élèves du primaire, alors qu'ajouter une demie journée de tricot, de dessin,de danse,... n'aura aucun effet sur le niveau scolaire. L'évaluation d Dimanche, le nombre de votants a été divisé par 2 par rapport au 1er tour de la présidentielle de 2012 (18,9 millions contre 36,5 en 2012); Toujours en se référant à mai 2012, si tous les partis ont perdu des électeurs, le FN compris, c'est le PS qui est le plus touché par l'abstention de ses électeurs, de 10,2 millions de voix au premier tour des présidentielles, il n'en a engrangé que 2,6 millions de voix cette fois-ci, soit une perte de près de 8 millions de voix !! "sanction", "séisme", "choc", sont les termes retrouvés dans la presse ciblant les 14% obtenus par l'alliance PS/PRG, 14% des 43% de votants, ça ne fait pas lourd ! Ce n'est pas le remake du 21 avril 2002, mais un 21 avril puissance 10, l'assise électorale d'Hollande se réduit à un confetti, voire à son pédalo, selon votre choix. Dans cette "branlée", pour reprendre le terme de Cambadélis, il y a 2 responsables dont la conjonction porte la France à la Une des actualités européennes : - une Europe qui déçoit, - la politique menée par Hollande L'Europe, oui, mais pas celle-là. En 1957, au moment de la signature du traité de Rome créant la communauté européenne entre les 6 pays fondateurs, Pierre Mendès France, un véritable homme de gauche, avait mis en garde le gouvernement français contre le risque de voir le pouvoir des peuples confisqué par un aréopage de technocrates. Quelle prophétie ! Dans toute l'Europe un rejet des politiques actuellement menées s'est exprimé, politique incarnée par Mme Merkel, rigueur généralisée et compétition furieuse plutôt que relance économique, ce qui explique la montée des partis d'extrême droite en France, en Autriche, Pays-Bas, Hongrie, Danemark, et celle des eurosceptiques en Grande-Bretagne. Les peuples aiment l'Europe, mais pas celle-là, ils utilisent le seul pouvoir qui leur reste : le bulletin de vote. Hollande n'a rien compris. Et quelle a été la réponse d'Hollande ? Sérieusement désavoué pour la seconde fois, Hollande a affirmé que la «ligne de conduite» confiée à Manuel Valls «ne peut pas dévier en fonction des circonstances" ! Il n'a rien compris au message adressé par son peuple ! Berlemont aussi n'a rien compris à la démocratie. Hélas, Hollande n'est pas le seul à n'avoir rien compris. Hier, lors du conseil municipal, Mme Berlemont a parlé, et quand elle parle c'est pour critiquer, elle qui a été éliminé au 1er tour des cantonales de 2011, elle qui a fini 3e lors des municipales de 2014 quand Xavier Bertrand a remporté 39 bureaux sur 39, elle dont le parti fait moins de 14% aux européennes. Elle a critiqué la concertation organisée par le maire auprès des parents d'élèves au sujet de rythmes scolaires qui a recueilli 87% de non à la réforme. Le PS n'aime pas que le peuple soit interrogé ! Enseignante dans un lycée catholique, donc non concernée par le décret Peillon sur la semaine de 4,5 jours, elle a tenu un discours incohérent et approcimatif - elle évoque la loi de refondation de l'école alors que la réforme des rythmes scolaires résulte d'un décret, c'est-à-dire sans vote de la représentation parlementaire; - elle parle de la nécessité d'améliorer le niveau des élèves du primaire, alors qu'ajouter une demie journée de tricot, de dessin,de danse,... n'aura aucun effet sur le niveau scolaire. L'évaluation des CE2, puvliée aujourd'hui, montre que les acquis sont en baisse. Guidée par une idéologie dépassée, elle n'a rien compris ni à l'intérêt des élèves ni aux attentes des parents. es CE2, puvliée aujourd'hui, montre que les acquis sont en baisse. Guidée par une idéologie dépassée, elle n'a rien compris ni à l'intérêt des élèves ni aux attentes des parents.

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24 mai 2014 6 24 /05 /mai /2014 17:01

 
C'est l'un des slogans favoris des manifestants étudiants de mai 1968. Est-il toujours d'actualité ?
 
Dès lundi, l'Europe retrouvera son train-train libéral, alors finies les injonctions de voter, les délirantes tirades européistes.
 
Ce matin, le site Libération.fr publie le dernier sondage IPSOS qui montre que rien ne change dans les intentions de vote, avec une forte abstention.
http://www.liberation.fr/politiques/2014/05/24/sondage-le-fn-toujours-en-tete-pour-les-europeennes_1025608?xtor=rss-450
 
Depuis le premier scrutin européen, en 1979, l'abstention n'a cessé de croître, en premier lieu les classes populaires, aujourd'hui rejointes par les classes moyennes, considèrent que l'Europe, cette entité hétéroclite, cogérée par les libéraux et les sociaux-démocrates, est la source de tous leurs malheurs, modération salariale, augmentation des impôts, austérité, nécessaire compétitivité,.....
 
election : piège à cons, les Français l'ont vécu en mai 2012.
Alors, il ne faudra pas s'étonner, finalement, qu'une partie du corps électoral envoie tout ce petit monde dominant au diable. En ne se déplaçant pas ou en votant mal.
 
Si les peuples vivent (mal) l'Europe, certains en vivent (très bien) !
 
Un eurodéputé touche 6 200 euros nets par mois auxquels s'ajoute une indemnité pour frais généraux (sans justificatifs) de 4 299 euros
 
Attention, ce n'est pas tout !
- remboursement des frais de transport,
- une indemnité annuelle de voyage de 4 243 euros,
- une indemnité journalière de 304 euros selon la présence au Parlement lors des sessions (signature de la feuille de présence et possibilité de ressortir immédiatement),
Au total, un eurodéputé touche près de 15 000 euros par mois, sans avoir à justifier d'un quelconque travail.
 
Et comme cela ne suffit pas, un eurodéputé dispose d’une enveloppe globale mensuelle de 21 209 euros pour payer ses collaborateurs, par exemple sa femme, son mari ou un proche.
 
Après un mandat de 5 ans, ils touchent une pension de 1 250 euros par mois à partir de 63 ans, et, 70% du dernier salaire en guise de retraite au bout de 15,5 années de travail.
 
Vous, et moi, les contribuables de base, nous avons droit aux politiques de rigueur, des salaires bloqués, des retraites non ré-évaluées, des mesures pour favoriser les petits salaires, des "risettes" pour élire ces privilégiés.
 
Election, piège à cons !

Dimanche, le nombre de votants a été divisé par 2 par rapport au 1er tour de la présidentielle de 2012 (18,9 millions contre 36,5 en 2012); Toujours en se référant à mai 2012, si tous les partis ont perdu des électeurs, le FN compris, c'est le PS qui est le plus touché par l'abstention de ses électeurs, de 10,2 millions de voix au premier tour des présidentielles, il n'en a engrangé que 2,6 millions de voix cette fois-ci, soit une perte de près de 8 millions de voix !! "sanction", "séisme", "choc", sont les termes retrouvés dans la presse ciblant les 14% obtenus par l'alliance PS/PRG, 14% des 43% de votants, ça ne fait pas lourd ! Ce n'est pas le remake du 21 avril 2002, mais un 21 avril puissance 10, l'assise électorale d'Hollande se réduit à un confetti, voire à son pédalo, selon votre choix. Dans cette "branlée", pour reprendre le terme de Cambadélis, il y a 2 responsables dont la conjonction porte la France à la Une des actualités européennes : - une Europe qui déçoit, - la politique menée par Hollande L'Europe, oui, mais pas celle-là. En 1957, au moment de la signature du traité de Rome créant la communauté européenne entre les 6 pays fondateurs, Pierre Mendès France, un véritable homme de gauche, avait mis en garde le gouvernement français contre le risque de voir le pouvoir des peuples confisqué par un aréopage de technocrates. Quelle prophétie ! Dans toute l'Europe un rejet des politiques actuellement menées s'est exprimé, politique incarnée par Mme Merkel, rigueur généralisée et compétition furieuse plutôt que relance économique, ce qui explique la montée des partis d'extrême droite en France, en Autriche, Pays-Bas, Hongrie, Danemark, et celle des eurosceptiques en Grande-Bretagne. Les peuples aiment l'Europe, mais pas celle-là, ils utilisent le seul pouvoir qui leur reste : le bulletin de vote. Hollande n'a rien compris. Et quelle a été la réponse d'Hollande ? Sérieusement désavoué pour la seconde fois, Hollande a affirmé que la «ligne de conduite» confiée à Manuel Valls «ne peut pas dévier en fonction des circonstances" ! Il n'a rien compris au message adressé par son peuple ! Berlemont aussi n'a rien compris à la démocratie. Hélas, Hollande n'est pas le seul à n'avoir rien compris. Hier, lors du conseil municipal, Mme Berlemont a parlé, et quand elle parle c'est pour critiquer, elle qui a été éliminé au 1er tour des cantonales de 2011, elle qui a fini 3e lors des municipales de 2014 quand Xavier Bertrand a remporté 39 bureaux sur 39, elle dont le parti fait moins de 14% aux européennes. Elle a critiqué la concertation organisée par le maire auprès des parents d'élèves au sujet de rythmes scolaires qui a recueilli 87% de non à la réforme. Le PS n'aime pas que le peuple soit interrogé ! Enseignante dans un lycée catholique, donc non concernée par le décret Peillon sur la semaine de 4,5 jours, elle a tenu un discours incohérent et approcimatif - elle évoque la loi de refondation de l'école alors que la réforme des rythmes scolaires résulte d'un décret, c'est-à-dire sans vote de la représentation parlementaire; - elle parle de la nécessité d'améliorer le niveau des élèves du primaire, alors qu'ajouter une demie journée de tricot, de dessin,de danse,... n'aura aucun effet sur le niveau scolaire. L'évaluation des CE2, puvliée aujourd'hui, montre que les acquis sont en baisse. Guidée par une idéologie dépassée, elle n'a rien compris ni à l'intérêt des élèves ni aux attentes des parents.

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Published by JC Le Garrec - dans Le dessous des cartes.
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23 mai 2014 5 23 /05 /mai /2014 16:53

 
Comment je vois mon blog ?
 
Un lieu de connaissance, d'informations que les médias dominants évitent de traiter, ne faisant pas parti d'une sensibilité politique, je n'ai pas de chaînes pour entraver les quelques neurones encore en état de marche.
 
Je ne monte pas sur la table en criant "j'ai raison puisque je suis social-démocrate", je ne joue pas au journaliste local en rapportant la moindre manifestation saint-quentinoise, les journaux locaux le font très bien.
 
Ce qui est certain, c'est l'existence d'une tendance à la chute de l'esprit critique, au recul de l'analyse froide et objective, à la perte d'influence de la culture dite «humaniste» c'est-à-dire celle qui, pour reprendre la définition mentionnée sur le portail de l'Education nationale «contribue à la formation du jugement, du goût et de la sensibilité.
La  toile, offre à n'importe qui la possibilité de donner son avis sur n'importe quoi, sans aucune garantie de sérieux, d'objectivité, d'indépendance ou de compétence.
 
Hier, je vous donnait l'occasion de comprendre pourquoi les négociations secrètes sur le marché de libre échange Europe/Etats-Unis (TAFTA) représentaient un danger pour notre droit social, notre alimentation ou notre environnement, négociations menées par la Commission, débutées il y a 10 ans dans le dos des peuples.
Aux Etats-Unis, l'absence de SMIC, le poulet lavé à l'eau de Javel, le boeuf aux hormones, les semences OGM,... ne sont pas une fiction, est-ce à cela que rêvent les européens ?
 
L'aile gauche du PS, les écologistes, les communistes, le parti de Mélenchon sont contre ces négociations jugées trop risquées pour notre modèle social, économique et envrironnemental.
 
Dans le cadre de la convention Europe, l'an dernier, les militants du PS avaient majoritairement voté pour la suspension des discussions, mais au pouvoir, le libéralisme a fait surface, en mai 2013, au diapason du gouvernement de Jean-Marc Ayrault, les eurodéputés socialistes français avaient soutenu le mandat donné à la Commission européenne pour mener les négociations.
 
 Quand je lis qu'à "quelques jours du scrutin, les adversaires de l'Europe concentrent leur attaque sur un point nodal : le traité commercial transatlantique (TAFTA, sigle en anglais). Ils essaient de nous refaire le coup de 2005, la directive Bolkenstein, qui leur avait si bien réussi : un monstre, un croquemitaine, un répulsif, c'est cette fois le grand marché avec les Etats-Unis."
 
Quelle horreur ? Quelle ignorance ?
 
On peut être européiste et rêver d'une Europe forte qui défend les peuples contre les multinationales et ses acquis sociaux.
 
Cela donne aux salariés, aux précaires, aux défenseurs de la bonne-bouffe de jeter à la poublelle le bulletin socialiste dimanche 25 mai !
 
La chute de l'esprit critique, le recul de l'analyse froide et objective, la perte d'influence de la culture dite «humaniste» s'est évaporée chez certains.
 
"Résolution TAFTA : les écologistes ne participeront pas à une mascarade"  
http://www.youtube.com/watch?v=x61sEPvwzZs

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Published by JC Le Garrec - dans Parti Socialiste
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22 mai 2014 4 22 /05 /mai /2014 10:48

 
La zone de libre échange, en cours de négociation entre l’Union européenne et les États-Unis, risque de mettre à mal les normes environnementales et sanitaires européennes, et de permettre aux multinationales de porter plainte contre les États européens. Le futur traité constitue aussi une menace pour l’exercice du droit syndical et plusieurs protections sociales, comme le salaire minimum. Car les États-Unis ne reconnaissent pas la plupart des conventions fondamentales de l’Organisation internationale du travail. La protection des travailleurs sera-t-elle bientôt considérée comme une entrave au commerce, passible de poursuites ?
 
Les droits des travailleurs, l’exercice de la liberté syndicale et la prévention de la santé au travail sont-ils menacés par l’accord commercial en cours de négociation entre l’Europe et les États-Unis ? C’est ce que craignent les syndicats européens. Le traité commercial transatlantique, appelé PTCI pour « Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement » – mais aussi TTIP ou Tafta – est négocié dans l’opacité depuis juillet 2013 (Voir notre enquête). Les électeurs ne savent pas grand chose des discussions. Les gouvernements et les députés européens en sont tenus éloignés. C’est la Commission européenne qui négocie le traité directement avec l’exécutif états-unien.
Le traité vise à instaurer une vaste zone de libre échange : 29 Etats, 820 millions d’habitants, séparés par l’Atlantique nord. Elimination des droits de douanes, suppression des « obstacles non-tarifaires » au commerce (licence d’exportation, contrôle qualité des importations…), harmonisation des normes et des réglementations, tels sont les sujets sur la table des négociations. Les normes européennes en matière sociale ou environnementale pourraient ainsi être jugées trop contraignantes. Un tel traité pourra par exemple ouvrir les ports européens à l’arrivé du bœuf aux hormones américain.
Les États-Unis, mauvais élève des droits des travailleurs
Autre point sensible : les mécanismes de « protection des investissements ». Ceux-ci permettent aux multinationales états-unienne et européennes qui s’estimeraient « discriminées » par une réglementation de réclamer des indemnités aux États, devant des tribunaux d’arbitrage privés, si elles jugent leur investissements mis à mal. De tels tribunaux d’arbitrage existent déjà. Et leurs « arbitrages » se font le plus souvent en faveur des intérêts privés (voir notre article). Grâce à eux, des entreprises européennes ont par exemple engagé des poursuites contre l’augmentation du salaire minimum en Égypte ou contre la sortie du nucléaire décidée par l’Allemagne en 2011. La seule menace d’une plainte, contre l’interdiction d’un produit jugé toxique, d’une technique d’extraction ou du travail le dimanche par exemple, peut parfois suffire pour faire tomber les décisions d’États au profit des entreprises.
Pour la Commission européenne, le jeu en vaut pourtant la chandelle. Selon elle, l’accord transatlantique va « stimuler la croissance et créer des emplois ». Un optimisme qui ne suffit pas à convaincre les syndicats européens. Au-delà du flou des prévisions sur les effets positifs que pourrait avoir le traité sur la santé économique européenne – 0,5% de croissance supplémentaire en Europe grâce au traité selon une étude commandée par la Commission –, les syndicats du Vieux Continent s’inquiètent au contraire des conséquences potentiellement dévastatrices sur le droit du travail.
Une harmonisation… par le bas
« Nous ne sommes pas contre les accords de libre échange par principe. Dans certains secteurs, comme l’automobile, l’Union européenne et les États-Unis ont chacun des normes de sécurité strictes et comparables, mais des procédures de contrôle différentes. Là-dessus, une harmonisation n’est pas une mauvaise chose, analyse Mathieu Moriamez, secrétaire confédéral de la CGT en charge des questions internationales. Mais nous savons que les accords de libre échange se font pour accroître les profits des multinationales et en défaveur des populations. »
En l’occurrence, ce qui inquiète la CGT comme le reste des syndicats européens, c’est la perspective d’une harmonisation par le bas. Dans les domaines de l’agriculture et de l’environnement, mais aussi en matière de protection sociale et de travail. « Le principe du salaire minimum et la protection sociale pourraient également être remis en cause s’ils sont considérés comme une entrave à la concurrence », prévient la CGT. Une crainte d’autant plus forte que l’Oncle Sam n’est pas un exemple à suivre en matière de protection des travailleurs. « Dans le secteur privé, le personnel d’encadrement ou de direction, les entrepreneurs indépendants et les employés domestiques n’ont pas le droit de constituer un syndicat ou d’y adhérer, pas plus que les travailleurs agricoles sauf dans un petit nombre d’Etats », relève le bilan annuel de la Confédération syndicale internationale sur les « pays à risque » en matière de violation des droits syndicaux. Soit 15% de la main d’œuvre dans le secteur privé à qui il est interdit de se syndiquer ! Publication syndicale prohibée à l’intérieur des entreprises, menace de fermer un site si un syndicat se constitue, refus de négocier avec les syndicats représentatifs, les atteintes à la liberté syndicale y sont nombreuses.
« Les États-Unis n’ont pas ratifié toutes les conventions de l’Organisation internationale du travail (OIT) », signalait dès avril 2013 la Confédération européenne des syndicats (CES). L’organisation s’inquiète aussi des « violations des droits fondamentaux des travailleurs aux États-Unis, en particulier du droit à s’organiser et à négocier collectivement. » La fédération syndicale allemande DGB avait aussi tiré la sonnette d’alarme l’an dernier : les négociations du partenariat transatlantique ont débuté alors que les États-Unis n’avaient toujours pas ratifié six des huit conventions fondamentales de l’OIT, dont celles sur la liberté de réunion et sur le droit aux négociations collectives. « On voit toujours et encore aux États-Unis des cas où les activités syndicales sont empêchées, parfois mêmes dans des filiales de grands groupes allemands », ajoute le syndicat allemand.
La liberté syndicale, un obstacle au commerce ?
« Ce traité ne mettra pas directement en danger les droits syndicaux en Europe. Mais les États-Unis peuvent produire moins cher parce que les normes fondamentales du droit du travail et de la liberté syndicale n’y sont pas respectées, explique Wolfgang Uellenberg, de la confédération syndicale allemande des services Verdi. Or, avec le partenariat transatlantique, les entreprises pourront contester les standards de l’OIT comme discriminants. Elles pourront faire valoir que la protection des travailleurs et des droits syndicaux sont des obstacles au commerce et au libre échange. » Le recours devant des tribunaux d’arbitrage privés au nom de la protection de leurs investissements pourra les y aider. Même l’union syndicale suédoise, plutôt favorable au traité, refuse ce mécanisme « en conflit avec le principe de souveraineté des États. »Et les syndicats états-uniens refusent eux aussi que le partenariat contienne un tel mécanisme [1].
Sans rejeter en bloc le principe d’un accord, les syndicats européens veulent un traité qui protège le travail. « Un tel accord devrait plutôt entériner comme objectif le plein emploi, le travail décent et de meilleures normes de vie pour tous », insiste la CGT. Pour le puissant syndicat allemande de l’industrie IG Metall [2], « l’accord doit contenir une clause spécifique qui interdit un démantèlement des droits des travailleurs et des normes sociales et assure à chaque fois la le standard le plus élevé. »
Le gouvernement allemand du côté des syndicats ?
En Allemagne, les syndicats ont trouvé une oreille attentive du côté du gouvernement. « Nous travaillons ensemble, avec le ministère de l’Économie, à des points clés à imposer dans les négociations, précise Wolfgang Uellenberg. Mais personne ne sait vraiment ce que le ministère sait de l’état des négociations et ce qu’il peut faire pour les influencer. » Reste qu’outre-Rhin, où la presse, et même les télévisions [3], traitent largement des dangers du TTIP, le gouvernement a publiquement rejeté le mécanisme des tribunaux d’arbitrage [4]. La mobilisation citoyenne est large : la campagne stop-TTIP de l’organisation Campact a réuni plus 460.000 signatures contre l’accord transatlantique (lire aussi cette tribune).
Dans toute l’Europe, les protestations montent dans la société civile contre le traité et l’opacité des négociations. Pour tenter d’y répondre, la Commission a ouvert une  consultation publique sur le volet des droits des investisseurs. Une consultation en ligne pour « savoir si l’approche proposée par l’UE pour le TTIP traduit un juste équilibre entre la protection des investisseurs et la sauvegarde de la capacité et du droit absolus des gouvernements de l’UE de légiférer dans l’intérêt général », fait valoir le commissaire européen au commerce, Karel de Gucht. « Une parodie de consultation démocratique », estime Attac : « Ceux qui rejettent ce système de règlement des différends Investisseur-États parce qu’il est dangereux et injuste n’auront aucune option pour l’exprimer car le questionnaire partial de la Commission n’offre aucun espace pour ce faire. La Commission devrait au contraire montrer sa disponibilité pour un vrai débat, plutôt que nous proposer une campagne publicitaire dissimulée à l’attention des multinationales. »
Une fois les négociations terminées, le traité devra de toute façon être accepté par le Parlement européen pour entrer en vigueur. Parlement qui sera renouvelé après les élections européennes du 25 mai.
Rachel Knaebel
 
Notes
[1]
Voir ici la position sur le Traité transatlantique de l’union syndicale américaine American Federation of Labor–Congress of Industrial Organizations (AFL-CIO).
http://www.aflcio.org/content/download/83241/2300531/AFL-CIO+Comments+on+TTIP+%26+Request+to+Testify+May13.docx.pdf
[2]
Voir ici.
http://www.igmetall.de/ttip-transatlantisches-freihandelsabkommen-zwischen-der-eu-und-13347.htm
[3]
Ici, par exemple, sur la télévision publique.
http://www.wdr.de/tv/monitor/sendungen/2014/0130/freihandelsabkommen.php5
[4]
Notamment par la voix de la secrétaire d’État du ministère de l’Économie, Brigitte Zypries, devant les députés du Bundestag, le 12 mars dernier : « Nous bataillons en ce moment pour que le système de tribunaux d’arbitrage ne soit pas inclus dans l’accord. ».
 
Lu sur http://www.bastamag.net/Pourquoi-le-traite-de-libre
 
Autre article :
Grand marché transatlantique : les tergiversations du Parti socialiste
  par    Laura Raim(Le Monde diplomatique)
http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2014-05-20-GMT

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