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7 mars 2007 3 07 /03 /mars /2007 23:49

Une photo, en l’occurrence celle de la rencontre, mardi 6 mars à Berlin, entre Angela Merkel

et Ségolène Royal, ne fait pas le printemps. A la veille de la Journée internationale des

femmes, le 8 mars, et à quelques semaines de l’anniversaire de la loi du 21 avril 1944 qui a

enfin ouvert, près d’un siècle après les hommes, la voie de la citoyenneté aux Françaises,

le combat pour la parité hommes-femmes est loin d’être gagné.
A deux mois de la fin du mandat de Jacques Chirac, la législation française s’est enrichie

d’une nouvelle loi, celle du 31 janvier 2007, qui tend à favoriser l’égal accès des femmes

et des hommes aux exécutifs locaux. Depuis la loi du 6 juin 2000, obligeant les partis à

présenter un nombre égal d’hommes et de femmes aux élections régionales et municipales, dans

les communes de 3 500 habitants et plus, des progrès ont été enregistrés. Le pourcentage de

femmes est de 10,9 % pour les maires (contre 7,5 % en 1995), 10,4 % pour les conseillers

généraux, 12,3 % pour les députés (contre 10,9 % en 1997), 16,9 % pour les sénateurs (contre

10,9 %), 43,6 % pour les députés européens (40,2 %) et 47,6 % pour les conseillers régionaux

(27,5 %). Mais, dans les scrutins uninominaux, les partis politiques, plus encore à droite

qu’à gauche, préfèrent payer des pénalités plutôt que de jouer le jeu de la parité.
La France a accompli plus de progrès en trente ans qu’en deux siècles, mais elle fait

figure, par rapport aux autres démocraties européennes, de lanterne rouge. L’Union

interparlementaire vient d’établir ainsi une moyenne mondiale sur la présence des femmes

dans les parlements nationaux. Dans les Chambres uniques ou Chambres basses, le pourcentage

de femmes est de 17,1 %, soit 40,8 % dans les pays nordiques, 20 % dans les Amériques, 17,6

% en Europe (hors pays nordiques), 16,5 % en Asie et 9,5 % dans les pays arabes. Au 31

janvier 2007, parmi les 189 parlements existants, seuls 35 sont présidés par des femmes.
En 2005, l’Observatoire de la parité entre les femmes et les hommes voyait dans les « moeurs

politiques » le principal obstacle à l’avancée de la parité. « Les états-majors masculins

des partis politiques sont les principaux responsables de la situation. Les réseaux de

pouvoir sont masculins, et donc peu enclins à promouvoir des femmes. Les femmes dérangent. »

ourtant, il notait l’existence d’un « ivier féminin » qui « ne relève plus de la fiction ».

Pour la première fois dans l’histoire de la Ve République, une femme est en situation d’être

élue à la présidence de la République. Les avancées de la parité permettent de valider

l’avis du Conseil de l’Union européenne, qui voyait, dès 1996, dans une « participation

équilibrée », une voie pour « engendrer des idées, des valeurs et des comportements

différents ». Mais le combat est toujours à recommencer.


 

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Published by quintinus
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